Archives de catégorie : Expositions

« I WAS BORN AN ARTIST » – KWAME AKOTO ALMIGHTY GOD

Vue de l’exposition Plus jamais seul – Hervé Dirosa et les arts modestes, à la maison rouge. Octobre 2016-Janvier 2017

L’oeuvre d’Almighty God a été repérée dans les années 1980 en Europe et aux Etats-Unis comme l’une des plus importantes parmi les artistes d’Afrique de l’Ouest. En 1991, il fait partie des artistes exposés par Susan Vogel dans l’exposition Africa Explores, au Center for African Art de New York.

Kwame Akoto Almighty God est né en 1950 dans la région Ashanti, au Ghana. C’est en tant qu’apprenti dans les atelier de MM. Kobbia et Addai, pendant six ans, qu’il fait ses premières armes artistiques : il y apprend à décorer les taxis, les camions, et à peindre les enseignes commerciales qui émaillent la vie urbaine. En 1972, il crée son propre studio de peintures d’enseignes, Almighty God Art Work, à Suame Junction, dans le nord de Kumasi.

Kwame Akoto Almighty God développe ensuite un travail personnel : « because I am an artist, I practice creativity art ». Il peint, à partir de photographies, des divinités, des portraits de célébrités, et un grand nombre d’autoportraits.

En 1993, Hervé Dirosa séjourne dans l’atelier d’Almighty God pour sa deuxième étape autour du monde; il y apprend sa technique. Au Ghana, il peint une série de peintures sur panneaux de bois, et prépare des collages à partir de photos, de magazines, et d’encarts publicitaires.

L’exposition Plus jamais seul – Hervé Dirosa et les arts modestes, présentée à la maison rouge entre octobre 2016 et janvier 2017, faisait la part belle à plusieurs oeuvres d’Almighty God (photo ci-dessus). On peut voir en ce moment Eyes of the Lord, un panneau sur bois de l’artiste, dans l’exposition En toute modestie – Archipel Dirosa, au Musée International des Arts Modestes (MIAM) de Sète, jusqu’au 17 septembre 2017

Sources : KWAMI Atta, 2013, Kumasi Realism, an African Modernism (1951-2007), Hurst // SEISSER Jean, 2006, Hervé Dirosa – Bons Baisers, Panama Musées

EN TOUTE MODESTIE – L’ARCHIPEL DIROSA

L’exposition EN TOUTE MODESTIE – Archipel Dirosa, est conçue comme un portrait en creux d’Hervé Dirosa. Chef de file du mouvement artistique français de retour à la figure dans l’art contemporain, il n’a pourtant cessé d’être vigilant contre toute forme de classification et d’enfermement. Lorsqu’il crée le MIAM, en 2000, cela fait déjà une décennie qu’il court le monde à la recherche de la différence, à la rencontre de l’autre.

Archipel généreux et foisonnant, l’exposition réunit ses « collections pensées », faites des oeuvres d’artistes issus d’un panthéon personnel (Jérôme Bosch, Henry Darger, Pierre Molinier), celles de ses contemporains (Eugène Leroy, Jean Dubuffet, Peter Saul, ORLAN), et aussi les oeuvres d’artistes qui poursuivent, étirent et réactivent les arts modestes (Lucien Murat, Agathe Pitié, Sarah Tritz).

 

En toute modestie – L’archipel Dirosa // Au Musée International des Arts Modestes (MIAM) à Sète, du 4 février au 17 septembre 2017

 

Photo : Copyright Pierre Schwartz

 

Gainsbourg Still Alive

Roberto Battistini / Miguel Chevalier, Courtesy Galerie Keza

« Votre première ambition, votre premier talent, c’était la peinture jusqu’à 28 ans ? »

Bernard Pivot questionne Serge Gainsbourg dans l’émission culte Apostrophes sur Antenne 2 le 26 décembre 1986.

Dès 1940, Gainsbourg est élève de Fernand Léger et d’André Lhôte, peintre et théoricien, qui lui a enseigné la technique du dessin, il fréquente les Beaux-Arts… « J’étais figuratif, je suis passé au cubisme, au surréalisme. » Les arts majeurs, disait-il : Architecture, Peinture, Musique Classique, Poésie.

Roberto Battistini, ami d’Hervé Dirosa qui m’a été présenté par ce dernier, m’a proposé de collaborer avec lui sur le projet Gainsbourg Still Alive. La destinée détournée de Serge Gainsbourg initialement pour la peinture, m’indiquait que ce projet avait du sens. Enthousiaste, j’ai accepté de soutenir le projet, collaborer avec Roberto, faire appel à des artistes qui, au-delà même du résultat plastique, nourriraient et enrichiraient le sens des célèbres portraits. L’imagination et le résultat de ces oeuvres co-signées a dépassé mes espérances. L’homme à la tête de chou, moitié légume, moitié mec… Cet air trotte dans ma tête. Ces oeuvres, ne seraient-elles pas nées aussi d’une hybridation improbable ?

Françoise Adamsbaum, co-commissaire de Gainsbourg Still Alive

Plus jamais seul – Hervé Dirosa et les arts modestes

 

La maison rouge accueille cet automne l’oeuvre de Dirosa et une partie de ses collections, ainsi que celles de Bernard Belluc. Rappelons que Hervé Dirosa et Bernard Belluc sont les fondateurs du Miam.

‘Plus jamais seul, Hervé Dirosa et les arts modestes’ (22 Octobre 2016 – 22 Janvier 2017)  s’inscrit dans la lignée des expositions de la maison rouge sur les collections privées (Arnulf Rainer, Jean-Jacques Lebel, etc…) où un artiste est invité à montrer non seulement ses collections, mais aussi l’interaction entre ses oeuvres et les collections qu’il constitue.

« Les arts modestes, ce concept souple et vagabondant imaginé par Dirosa, qui touche à l’art naif, à l’art brut, aux arts populaires, comme à l’art dit ‘d’aéroport’ et à bien d’autres formes encore , sans jamais s’y réduire, marque une étape importante de l’histoire de l’art moderne et contemporain. » Catherine Millet, Edito, Artpress no. 247, juin 1999.

Ayant été un acteur majeur de ce mouvement entre 1979 et 1985, Hervé Dirosa (né à Sète en 1959) est souvent réduit à son point de départ : la Figuration Libre. Son oeuvre est et devient beaucoup plus vaste.

Il a nommé et désigné l’art modeste, dont il donne la définition suivante : « Il est autant composé d’objets manufacturés que d’objets uniques, pour la plupart sans grande valeur marchande, mais à forte plus value émotionnelle. les amateurs se retrouvent au delà du regard critique, de la notion du bon ou du mauvais goût, de la rigueur esthétique, dans un sentiment de bonheur éphémère et spontané, aux parfums de souvenirs d’enfance et de plaisir simples et non théorisés. »

Par ailleurs, il parcourt le monde, en étapes : Miami, paris Nord, Cameroun, Tel Aviv, etc. « Oeuvres-carrefour », échanges et dialogues entre cultures, nacre au Vietnam, peinture d’enseigne au Ghana, bronzes à Foumban :  « Je veux que la pratique de l’autre intervienne dans mon propre travail, transforme mes propositions », dit lui même Hervé Dirosa. Une partie des oeuvres réalisées au cours de ces étapes seront montrées à la maison rouge.

Riche, foisonnante, généreuse, cette exposition est sans aucun doute à ne pas rater.

Plus jamais seul, Hervé Dirosa et les arts modestes

La maison rouge, 22 octobre 2016 – 22 janvier 2017

Plus d’informations